Sud-Kivu : Quelques jours après la suspension des activités minières à Mwenga et Shabunda, la FOMIS appelle à protéger les exploitants artisanaux
En réaction à la suspension des activités minières dans les territoires de Mwenga et Shabunda au Sud-Kivu par le gouvernement congolais, la Fondation Michael Sharp Jesse (FOMIS) rend publique sa position.
Dans une dépêche publiée le 25 mai 2026 à Bukavu, l’organisation exprime ses préoccupations face aux conséquences sociales que pourrait entraîner une application généralisée de cette mesure sur les exploitants miniers artisanaux et les communautés locales dépendantes de cette activité.
Une mesure prise après des enquêtes parlementairesCette suspension intervient à la suite du rapport des députés nationaux ainsi que des enquêtes menées sur l’exploitation des substances minérales dans cette partie de la province du Sud-Kivu. Les autorités entendent notamment renforcer la transparence et la traçabilité dans le secteur minier, un domaine régulièrement confronté à des accusations d’irrégularités et d’exploitation illégale.
Tout en reconnaissant la nécessité de promouvoir une gouvernance minière responsable, la FOMIS affirme observer avec inquiétude plusieurs dérapages signalés sur le terrain. L’organisation dénonce notamment ce qu’elle considère comme des atteintes aux droits des exploitants miniers artisanaux.
Une demande des clarifications au gouvernement

Moïse Butimbushi, expert en droits humains, président du conseil d’administration et cofondateur de la Fondation Michael Sharp Jesse, estime que les exploitants artisanaux exercent leurs activités dans le cadre des mécanismes d’encadrement établis par les services miniers compétents. Selon lui, ces derniers disposent régulièrement de cartes et d’identifiants délivrés par les autorités minières habilitées, ce qui distingue leur activité d’une exploitation illégale organisée.
Dans sa déclaration, Moïse Butimbushi demande au gouvernement central de clarifier rapidement les catégories réellement concernées par la suspension afin d’éviter toute confusion ou interprétation abusive sur le terrain. La FOMIS craint qu’une suspension appliquée indistinctement à tous les acteurs du secteur ne pénalise principalement les exploitants artisanaux et leurs familles.
La fondation rappelle que dans plusieurs localités de Mwenga et Shabunda, l’exploitation artisanale constitue l’une des principales sources de revenus pour les ménages. Selon la FOMIS, ces activités permettent à de nombreuses familles de couvrir des besoins essentiels tels que l’alimentation, les soins médicaux et la scolarisation des enfants.
Cibler les irrégularités pour éviter de pénaliser les familles
Moïse Butimbushi soutient également que les efforts des autorités devraient prioritairement viser les sociétés opérant dans l’exploitation semi-industrielle ou industrielle soupçonnées d’irrégularités. Il estime que ces entreprises auraient dû être clairement identifiées dans l’arrêté portant suspension afin d’éviter que les communautés locales ne subissent les conséquences d’une mesure générale.
Par ailleurs, la fondation appelle les autorités nationales et provinciales à donner des instructions claires aux agents déployés sur le terrain afin de permettre aux exploitants artisanaux de poursuivre leurs activités de survie dans le respect des normes établies. L’organisation considère qu’un manque de coordination et d’encadrement adéquat demeure l’un des principaux défis du secteur minier artisanal dans cette partie du Sud-Kivu.
À travers cette prise de position, la Fondation Michael Sharp Jesse réaffirme son engagement en faveur de la défense des droits des communautés locales, de la paix sociale et de la promotion d’une gouvernance minière jugée responsable, transparente et inclusive.
Alvin Buzaki



