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Journée internationale de la justice : Jean Moreau Tubibu alerte sur l'écart entre l'universalité des lois et l'inégalité de leur application

La Journée internationale de la justice, célébrée chaque année le 17 juillet, constitue un moment de réflexion sur les principes d’égalité, de dignité humaine et de respect des droits fondamentaux. À cette occasion, Jean Moreau Tubibu, analyste indépendant à Bukavu et défenseur des droits de l’homme, rappelle que la justice demeure l’un des fondements essentiels de la coexistence pacifique entre les peuples.

Pour lui, cette journée ne doit pas être réduite à une simple commémoration. Elle doit rappeler que chaque être humain, quelles que soient son origine, sa race, sa religion ou sa condition sociale, a droit au respect et à la dignité.

« La justice signifie que les êtres humains ne doivent pas vivre comme des bêtes. Elle implique que chaque personne soit respectée et qu’aucun être humain ne soit traité comme un esclave, discriminé ou marginalisé par un autre », explique Jean Moreau Tubibu.

Selon l’analyste indépendant, la justice suppose également que personne ne soit abandonné ou exclu de la société. Elle doit lutter contre toutes les formes de discrimination et garantir à chaque individu une place dans la communauté.

Mais la justice, souligne-t-il, ne se limite pas aux tribunaux et aux sanctions. Elle joue également un rôle préventif et éducatif.

« La justice doit prévenir, dissuader et, lorsqu’une faute est commise, sanctionner les responsables. L’objectif final doit être la cohésion sociale et l’harmonie entre les citoyens afin de permettre une meilleure vie en communauté ».

Pour Jean Moreau Tubibu, les lois et les conventions qui organisent les sociétés modernes sont également le résultat d’une longue évolution des normes et des coutumes qui ont progressivement été codifiées afin de favoriser la coexistence pacifique.

Cependant, sa réflexion s’étend au fonctionnement du système judiciaire international. Il s’interroge sur l’universalité réelle de la justice dans un monde marqué par de profondes inégalités politiques et géopolitiques.

« Peut-on véritablement dire que le monde est juste lorsque les mécanismes de justice internationale semblent parfois être appliqués de manière différente selon les pays et leur puissance ? », questionne-t-il.

L’analyste évoque notamment les critiques formulées à l’égard de la Cour pénale internationale (CPI), accusée par certains observateurs de concentrer davantage son action sur les pays les plus faibles, alors que certaines grandes puissances ne sont pas parties au Statut de Rome.

Pour Jean Moreau Tubibu, cette situation nourrit le débat sur l’égalité devant la justice internationale et sur l’universalité des mécanismes de lutte contre l’impunité.

Il établit toutefois une distinction entre les lois et ceux qui sont chargés de les appliquer.

« Les lois sont censées être neutres et impartiales. Le problème réside souvent dans leur application, car les institutions de justice sont composées d’hommes et de femmes qui peuvent, eux aussi, manquer d’impartialité », souligne-t-il.

À l’occasion de cette Journée internationale de la justice, son message est donc double ; rappeler l’importance de la dignité humaine et appeler à une justice véritablement égale pour tous.

Pour lui, la justice ne peut remplir sa mission que si elle s’applique sans discrimination, indépendamment de la puissance économique, de la position sociale ou du poids politique des individus et des États.

Par Alvin BUZAKI

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