Journée internationale du chimpanzé : au Sud-Kivu, protéger les chimpanzés, c'est préserver les forêts, la biodiversité et l'avenir des communautés

À l’occasion de la Journée internationale du chimpanzé, célébrée chaque 14 juillet, les acteurs de la conservation rappellent le rôle irremplaçable que joue cette espèce dans le maintien des écosystèmes forestiers. Au Sud-Kivu, où les chimpanzés sont présents notamment dans le Parc national de Kahuzi-Biega et dans certaines forêts communautaires, cette journée est également une occasion de sensibiliser les populations à la nécessité de protéger l’un des plus proches parents de l’être humain.
Pour Ladislas Witanene, acteur de la société civile environnementale au Sud-Kivu, cette commémoration va bien au-delà d’une simple célébration. Elle constitue un moment de mobilisation collective en faveur de la conservation des chimpanzés et de leurs habitats naturels.
« Le 14 juillet est une journée de mobilisation et de sensibilisation. Elle nous invite à réfléchir, avec les communautés, aux moyens de renforcer la protection des chimpanzés », explique-t-il.
Selon lui, les chimpanzés occupent une place essentielle dans le fonctionnement des écosystèmes forestiers. En se nourrissant de fruits et en dispersant les graines à travers leurs déplacements, ils favorisent naturellement la régénération de nombreuses espèces végétales.
« Certaines graines ne germent efficacement qu’après avoir traversé le système digestif des chimpanzés. Les protéger, c’est donc aussi protéger les forêts et préserver la biodiversité dont dépendent les populations », souligne-t-il.
Au-delà de leur importance écologique, Ladislas Witanene estime que les chimpanzés possèdent également une forte valeur culturelle et scientifique. Leur proximité génétique avec l’être humain en fait une espèce emblématique pour la recherche, tandis que leur présence est profondément liée au patrimoine naturel et culturel de plusieurs communautés locales et peuples autochtones du Sud-Kivu.
Toutefois, l’acteur environnemental s’inquiète des multiples menaces qui pèsent sur cette espèce. Il cite notamment la déforestation, l’exploitation minière dans les zones forestières, le braconnage ainsi que les conséquences de l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Les conflits armés compliquent considérablement les efforts de conservation.
Pendant cette période d’insécurité, des cas de braconnage continuent d’être signalés, tandis que la destruction des habitats réduit progressivement les populations de chimpanzés, aussi bien dans le Parc national de Kahuzi-Biega que dans certaines forêts communautaires », déplore-t-il.
Face à cette situation, Ladislas Witanene appelle toutes les parties prenantes à renforcer leur engagement en faveur de la protection des chimpanzés. Il invite les communautés locales à signaler aux autorités compétentes tout acte de braconnage ou de détention illégale de chimpanzés, afin de contribuer à la lutte contre les atteintes à la faune sauvage.
Il exhorte également les autorités à faire appliquer les lois relatives à la protection de la faune, à sanctionner les auteurs d’infractions environnementales et à mobiliser davantage de ressources en faveur de la conservation.
Pour lui, investir dans la protection des chimpanzés revient également à investir dans le développement durable de la province. La présence de cette espèce attire des chercheurs, favorise le tourisme de nature et contribue à la valorisation du patrimoine écologique du Sud-Kivu.
« Protéger les chimpanzés, c’est préserver notre biodiversité, soutenir le développement local et transmettre aux générations futures un patrimoine naturel d’une valeur inestimable », conclut-il.
À l’occasion de cette Journée internationale du chimpanzé, les défenseurs de l’environnement rappellent que la survie de cette espèce dépend de l’engagement collectif des communautés, des autorités et de l’ensemble des partenaires de la conservation. Dans une province où la richesse biologique constitue un atout majeur, la protection des chimpanzés apparaît plus que jamais comme un enjeu de conservation, mais aussi de développement durable.
Par Alvin BUZAKI



