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Sud-Kivu : Un appel urgent à l'action lancé à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse

Chaque année, le 17 juin marque la Journée Mondiale de Lutte contre la Désertification et la Sécheresse, un événement crucial destiné à sensibiliser le public aux défis croissants posés par la dégradation des terres et les pénuries d’eau.

En 2026, cette journée met l’accent sur le thème « Parcours pastoraux : Reconnaître. Respecter. Restaurer. » Soulignant le rôle vital des parcours pastoraux mondiaux dans la résilience climatique, la sécurité alimentaire et hydrique, la conservation de la biodiversité et l’identité culturelle des communautés pastorales et autochtones.

Au-delà des statistiques mondiales, la réalité de ces phénomènes se manifeste avec acuité dans des régions spécifiques. Ladislas Witanene, acteur de la société civile environnementale dans la province du Sud-Kivu, a partagé son témoignage poignant en marge de cette journée.

Selon lui, la situation dans la province province du Sud-Kivu, et plus particulièrement dans la ville de Bukavu, est alarmante.

« Actuellement, la situation n’est pas bonne, et plus particulièrement au niveau de la ville de Bukavu où la population subit déjà des conséquences liées à la saison sèche », affirme-t-il.

Witanene attribue cette détérioration à l’abandon des bonnes pratiques et à l’adoption de comportements néfastes, notamment l’abattage massif des arbres sans reboisement compensatoire. L’urbanisation galopante et non adaptée à la situation de la ville de Bukavu contribue également à l’augmentation de la chaleur et à la vulnérabilité de la population face à la sécheresse.

« C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous sommes vraiment victimes de la sécheresse. Aujourd’hui, nous sommes victimes de l’augmentation de la chaleur au niveau de la ville de Bukavu », déplore-t-il.

Evoquant le Parc National de Kahuzi-Biega, un site d’une importance écologique capitale pour la région des Grands Lacs. Ladislas Witanene met en lumière la déforestation préoccupante qui y sévit, exacerbée par les populations riveraines et les groupes armés.

« Le Parc National de Kahuzi-Biega, c’était un réservoir, premièrement un réservoir d’eau, un poumon. C’est une forêt qui aidait vraiment toute la province et pourquoi pas la région des Grands Lacs », explique-t-il.

La destruction de cette forêt a des conséquences dramatiques, amplifiant la sécheresse et la désertification, et entraînant des inondations, des éboulements, et l’apparition de maladies comme la fièvre typhoïde et le choléra, liées à la pollution et à la rareté de l’eau.

Face à cette crise environnementale et humanitaire, Ladislas Witanene lance un appel pressant. Il exhorte les autorités à renforcer les activités de restauration et de reboisement, ainsi que la protection du Parc National de Kahuzi-Biega. Aux acteurs de la société civile, il demande de redoubler d’efforts en matière de sensibilisation et de renforcement des capacités des communautés riveraines et de la population du Sud-Kivu.

L’objectif est de les équiper pour faire face à la désertification et à la sécheresse, en encourageant des comportements écologiques, la plantation d’arbres à domicile et la protection des forêts existantes.

« Nous pensons qu’avec ces actions, nous pouvons encore réduire la tendance que nous voyons par rapport à la désertification et à la sécheresse au niveau de la province du Sud-Kivu, et plus précisément dans la ville de Bukavu », conclut-il.

Alvin BUZAKI

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