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Journée de l'Enfant Africain : Au Sud-Kivu, le retour des enfants déplacés et réfugiés est loin de mettre fin à leurs souffrances

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain célébrée ce 16 juin, les regards se tournent vers la situation préoccupante de nombreux enfants du sud de la province du Sud-Kivu qui, après près d’une année de déplacements forcés ou de vie dans des camps de réfugiés au Burundi, tentent aujourd’hui de reconstruire leur avenir dans leurs milieux d’origine.

Si la cessation relative des hostilités dans certaines zones a permis à plusieurs familles de regagner leurs villages, le retour tant attendu ne s’accompagne pas toujours des conditions nécessaires à une réinsertion digne et durable. Entre pauvreté persistante, accès limité à l’éducation, difficultés alimentaires et manque de services sociaux de base, de nombreux enfants demeurent confrontés à une réalité particulièrement difficile.

À Uvira, des acteurs de la société civile s’inquiètent du sort de ces enfants qui portent encore les séquelles des conflits armés. Parmi eux, Emmanuel ABEDI, acteur du mouvement citoyen Machozi ya Raiya, estime que la Journée de l’Enfant Africain devrait être l’occasion pour les autorités et les partenaires humanitaires de renforcer leur attention envers les enfants retournés.

Selon lui, plusieurs familles revenues récemment du Burundi ou des sites de déplacement internes peinent à retrouver des moyens de subsistance suffisants pour assurer la scolarisation, l’alimentation et la protection de leurs enfants. Dans certaines localités, des infrastructures scolaires endommagées ou insuffisantes compliqueraient davantage le retour des élèves sur les bancs de l’école.

« Le retour des familles est une bonne nouvelle, mais il ne doit pas masquer les nombreux défis qui subsistent. Beaucoup d’enfants sont revenus dans des communautés qui ont elles-mêmes été fragilisées par des années d’insécurité », analyse Emmanuel ABEDI.

Les enfants ayant vécu plusieurs années dans les camps de réfugiés font également face à des difficultés d’adaptation. Certains doivent réintégrer un système éducatif différent de celui qu’ils ont connu en exil, tandis que d’autres tentent de renouer avec des communautés qu’ils ont quittées très jeunes.

Pour les défenseurs des droits de l’enfant, cette situation exige des réponses adaptées. Ils plaident notamment pour le renforcement des programmes de soutien scolaire, l’accompagnement psychosocial des enfants affectés par les conflits, la relance des activités génératrices de revenus pour les familles ainsi que la réhabilitation des infrastructures éducatives et sanitaires.

En cette Journée de l’Enfant Africain, Emmanuel ABEDI rappelle que la protection de l’enfance ne peut se limiter à des déclarations symboliques. Il estime que les enfants qui ont connu le déplacement, l’exil ou les conséquences directes de la guerre ont besoin d’actions concrètes pour retrouver des perspectives d’avenir.

Alors que la communauté internationale et les États africains commémorent cette journée dédiée aux droits de l’enfant, la situation observée dans plusieurs territoires du Sud-Kivu rappelle que la paix ne se mesure pas seulement par le silence des armes. Elle se traduit également par la capacité des enfants à retourner à l’école, à grandir dans un environnement sécurisé et à envisager leur avenir avec espoir.

Pour de nombreux enfants retournés d’Uvira, de Fizi et d’autres zones affectées par les conflits, ce droit à l’espoir reste encore un défi à conquérir.

Alvin BUZAKI

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