Débat sur la Constitution en RDC : L’ICJP appelle à faire du retour de la paix une priorité nationale

Alors que les discussions autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise, l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix (ICJP) invite les différents acteurs à recentrer le débat sur les enjeux sécuritaires qui affectent les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans un document publié le 20 juin 2026, l’organisation a tenu à apporter des orientations sur les débats liés à la loi sur le référendum récemment adoptée par le Parlement. Selon l’ICJP, cette démarche ne vise ni à soutenir ni à s’opposer à une modification de la Constitution, mais plutôt à attirer l’attention sur les priorités actuelles du pays.
« L’objectif de notre document n’était pas de nous prononcer pour ou contre le changement de la Constitution, comme certains acteurs politiques pourraient le souhaiter, mais de proposer une réflexion sur ce qui devrait constituer la priorité de la population au regard du contexte que traversent aujourd’hui le Nord-Kivu et le Sud-Kivu », explique Me Maurice Mirindi, membre de l’ICJP.
Depuis plusieurs mois, le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle alimente les échanges au sein de la majorité, de l’opposition, de certaines organisations de la société civile ainsi que de plusieurs confessions religieuses. Pour l’ICJP, cette mobilisation, bien qu’expression du pluralisme démocratique, semble reléguer au second plan la situation sécuritaire et humanitaire préoccupante dans l’Est du pays.
« Nous avons constaté que presque tous les acteurs se focalisent sur cette loi qui, du reste, n’est pas encore promulguée, en oubliant les souffrances que traversent les populations du Nord et du Sud-Kivu », souligne Me Maurice Mirindi.
Face à cette situation, l’ICJP indique avoir jugé nécessaire de rappeler, dans son document, certaines dispositions de la Constitution relatives au référendum ainsi que les limites juridiques encadrant ce mécanisme. L’organisation affirme avoir agi dans son rôle de veille citoyenne et de promotion de l’État de droit.
Pour Me Maurice, le contexte actuel ne paraît pas favorable à l’ouverture de grands débats politiques.
« Le pays semble traverser une situation exceptionnelle. Dans ces circonstances, nous estimons que la priorité devrait être accordée au rétablissement de la paix dans les zones affectées par les conflits », affirme-t-il.
L’organisation estime en effet que le retour de la sécurité constitue un préalable indispensable à la tenue d’un débat national apaisé et inclusif sur les questions institutionnelles.
Au-delà de ce constat, l’ICJP exhorte l’ensemble des parties prenantes à orienter leurs efforts vers la recherche de la paix.
« Nous appelons tous les acteurs à faire preuve du même courage et de la même mobilisation pour revendiquer le retour de la paix, comme ils le font aujourd’hui autour du débat constitutionnel », insiste Me Maurice Mirindi.
Selon lui, les initiatives de plaidoyer, les mobilisations citoyennes et les prises de position publiques gagneraient à être davantage orientées vers les revendications liées à la sécurité et à la protection des populations civiles.
« Il serait opportun que toutes les mobilisations en cours servent avant tout à réclamer la paix chez nous. Une fois la paix rétablie, chacun pourra librement exprimer ses réflexions et participer sereinement aux débats sur l’avenir institutionnel du pays », conclut Me Maurice Mirindi.
Dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’appel de l’ICJP remet ainsi au centre du débat national la nécessité de faire de la paix et de la sécurité des populations une priorité absolue.
Par Alvin BUZAKI



