
La province du Sud-Kivu est déjà confrontée aux conséquences dévastatrices du changement climatique, ce qu’a souligné Ladislas WITANENE, acteur au sein du bureau de la société civile environnementale de la région. Dans une interview exclusive accordée à Média-Vert, WITANENE a dressé un tableau alarmant des impacts observés, soulignant l’urgence d’une prise de conscience et d’actions préventives.
Des signes inquiétants et multiples
Les observations de la société civile environnementale sont sans équivoque. Ladislas WITANENE rapporte une diminution significative du débit des cours d’eau, notamment au niveau du lac Kivu et de la rivière Ruzizi, affectant également d’autres rivières de la province. Cette raréfaction de l’eau est aggravée par une baisse dramatique des nappes phréatiques, entraînant un assèchement précoce et progressif des sources d’eau naturelles dans les villages et les villes.
Un autre indicateur préoccupant est la perturbation radicale du calendrier agricole. Les pluies ne tombent plus comme auparavant, ce qui a des répercussions directes sur les activités agricoles et la pêche. Ladislas met en lumière la hausse inhabituelle de la température, avec des vagues de chaleur intenses et une évaporation rapide de l’humidité des sols, rendant les journées accablantes dès 7h du matin.
Impacts sur l’agriculture et la sécurité alimentaire
Les effets du changement climatique se manifestent cruellement sur l’agriculture et les moyens de subsistance ruraux. La perte de fleurissement des cultures due au manque d’eau et l’impossibilité de suivre le calendrier agricole traditionnel provoquent le dessèchement de cultures de base comme le maïs, les haricots et le manioc avant leur maturité. Celui-ci déplore une baisse dramatique des rendements dans des territoires tels que Kabare, Walungu, Kalehe, Mwenga, Idjwi, Uvira et Fizi, où les agriculteurs peinent à récolter en raison du soleil accablant.
Conséquences sanitaires et sociales
Les répercussions sanitaires sont également alarmantes. La saison sèche favorise la recrudescence des maladies hydriques telles que le choléra et la fièvre typhoïde, face aux pénuries d’eau potable. La flambée de la malnutrition touche de plein fouet les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, en raison de la baisse de la production agricole.
Les problèmes respiratoires sont en hausse, causés par la poussière excessive due aux sols secs et à la fumée des feux de brousse ou de l’agriculture sur brûlis. Ladislas WITANENE a également alerté sur la prolifération des moustiques et une forte prévalence du paludisme, favorisée par la stagnation d’eau résiduelle dans les lits de rivières asséchés.
Un appel à l’action
Face à cette réalité, Ladislas Witanene et la société civile environnementale du Sud-Kivu lancent un appel pressant à la communauté nationale et internationale pour une action concertée. La sensibilisation, la prévention et la mise en œuvre de stratégies d’adaptation sont cruciales pour atténuer les souffrances des populations et préserver l’avenir de la province. Les effets du changement climatique ne sont plus une menace lointaine, mais une réalité quotidienne qui exige une réponse immédiate et durable.
Alvin BUZAKI


