Actualité

Kabare : Quand l'inattention domestique illustre la vulnérabilité environnementale et sécuritaire de Kabare

Un drame d’une grande violence matérielle a secoué le village de Buhozi, situé dans le groupement de Mudusa, ce samedi 1er août 2026.

En fin d’après-midi, vers 17 heures, un incendie dévastateur s’est déclaré dans la parcelle de Papa Shikamo, réduisant en cendres plusieurs habitations et plongeant brusquement plus de sept familles dans le dénuement le plus total.

Le bilan provisoire fait état de cinq maisons directement impactées, dont trois habitations en étage complètement carbonisées, une détruite à moitié par les flammes et une autre démolie d’urgence pour freiner la progression du brasier. À cela s’ajoute la destruction de quatre boutiques du quartier. Bien que le bilan humain ne déplore aucune perte en vie humaine, les dégâts matériels soulignent une fois de plus la fragilité des constructions locales face au risque d’incendie.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, la source de cet embrasement réside dans une négligence domestique; des haricots laissés sans surveillance sur un brasero (mbabula) par des jeunes occupants dans l’une des maisons en étage. Un simple moment d’inattention qui, couplé à la forte densité du bâti en bois et aux conditions climatiques de la saison sèche, a suffi pour déclencher l’embrasement.

Interpellé par l’ampleur du sinistre, Elvis Cirimwami, président de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) Mudusa, a exprimé la vive émotion et l’inquiétude de la communauté.

« La NDSCI Mudusa compatit sincèrement avec les familles éprouvées et leur apporte son soutien moral », a déclaré Elvis Cirimwami à notre micro, avant de lancer un appel pressant à la prudence.

« Nous appelons la population à la plus grande vigilance pendant la préparation des aliments, surtout dans les maisons en planches. Un instant d’inattention peut tout détruire. Soyons prudents avec le feu. »

Face à la détresse des sinistrés qui ont tout perdu en l’espace de quelques minutes, le leader communautaire interpelle directement les décideurs publics. Elvis Cirimwami « sollicite les autorités compétentes de diligenter des enquêtes et d’apporter une assistance d’urgence aux sinistrés ».

L’œil du spécialiste ; un risque accentué par la saison et l’habitat

Du point de vue environnemental et de la prévention des risques majeurs, ce drame survenu à Buhozi met en lumière un enjeu récurrent dans le territoire de Kabare et dans l’est de la République Démocratique du Congo ; la vulnérabilité accrue du bâti pendant la saison sèche. En cette période d’août, la sécheresse des matériaux de construction, combinée à l’usage généralisé du charbon de bois (mbabula) au cœur d’habitations en planches très rapprochées, crée un environnement particulièrement inflammable.

Sans mesures de prévention strictes, sans aménagement urbain adapté et sans moyens d’intervention d’urgence contre les incendies en milieu rural et périurbain, la combinaison du facteur humain et de la vulnérabilité environnementale continuera d’engendrer de tels drames sociaux.

Par Alvin BUZAKI, Média-vert

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page