Sud-Kivu : Fiscalité, libertés et insécurité, l’instruction du Gouverneur ai se heurte à la contestation du député José Nepangi

Un bras de fer institutionnel secoue le Sud-Kivu depuis la mi-juillet 2026. Deux correspondances officielles opposent le Gouvernorat à l’honorable José Nepangi, député provincial élu de Mwenga, sur fond de fiscalité, de libertés publiques et de sécurité dans le territoire de Mwenga et la ville de Kamituga.
Le Gouvernorat dénonce une « désobéissance fiscale » et ordonne des interpellations
Le 14 juillet 2026, le Vice-Gouverneur Jean-Jacques Elakano, assurant l’intérim du Gouverneur, a adressé une instruction formelle au Maire de Kamituga et à l’Administrateur du Territoire de Mwenga.
Dans ce document, l’autorité provinciale dénonce l’initiative des présidents locaux de la Fédération des Entreprises du Congo, FEC, accusés de vouloir inciter la population à observer une « ville morte » et à pratiquer la désobéissance fiscale.
Le Gouvernorat qualifie ces actes de menace pour l’ordre public. Il avertit qu’ils pourraient tomber sous le coup de l’article 199 bis du Code pénal congolais.
Il ordonne ainsi l’interpellation immédiate des responsables de la FEC et exige l’arrêt de toute action visant à perturber la collecte des taxes, « sous peine de sanctions légales ».
« une menace grave contre les libertés »
Trois jours plus tard, le 17 juillet 2026, l’honorable José Nepangi, élu de Mwenga, a répliqué par une lettre officielle adressée au Gouverneur ad intérim. Il qualifie les instructions du Gouvernorat de « menace grave contre les droits et libertés garantis au peuple par la Constitution ».
S’appuyant sur les articles 28, 64, 175 et 56 de la Constitution, ainsi que sur la Loi relative aux finances publiques, le député accuse l’exécutif provincial de ne pas respecter ses obligations de rétrocession des recettes aux Entités Territoriales Décentralisées, ETD.
Selon lui, Mwenga et Kamituga n’ont bénéficié d’aucun projet de développement depuis l’arrivée du Gouverneur, malgré une taxation jugée « rigoureuse et discriminatoire ».
Barrières illégales et insécurité : les autres griefs
L’élu de Mwenga pointe également la prolifération de barrières payantes illégales sur les routes du territoire. D’après lui, les habitants doivent verser entre 10 000 et 100 000 francs congolais pour circuler. Il interpelle en outre le Gouvernorat sur l’absence d’entretien routier et sur l’insécurité persistante.
« Le peuple mérite mieux que de simples instructions administratives », affirme-t-il.
Une illustration des tensions sur la gouvernance locale
Ces deux correspondances mettent en lumière une mésentente profonde.
D’un côté, le Gouvernorat insiste sur la nécessité de maintenir l’ordre public et la discipline fiscale.
De l’autre, un élu provincial accuse l’exécutif de mauvaise gouvernance, de non-respect des lois financières et de discrimination envers Mwenga et Kamituga.
Au-delà de ce bras de fer, l’affaire illustre les tensions croissantes entre autorités provinciales et acteurs locaux autour de la fiscalité, de la redistribution des ressources et du respect des droits citoyens. Et ce, dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés socio-économiques.
Par Alvin BUZAKI, pour Média-Vert



