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Mwenga : Quand le rire devient une arme contre la peur, RIO permet aux femmes de briser le silence

Au cœur d’un territoire meurtri par l’insécurité persistante à l’Est de la RDC, une initiative peu ordinaire a redonné, l’espace d’un instant, voix et espoir aux femmes de Mwenga. Ce 10 avril 2026, un ballet culturel organisé par le Réseau d’Innovation Organisationnel (RIO) à Mwenga-centre a servi de cadre d’échange sur les réalités sécuritaires qui pèsent lourdement sur les communautés locales, en particulier sur les femmes.

Réunies en groupes de parole, ces dernières ont dressé un tableau préoccupant de leur quotidien, marqué par des violences sexuelles, une insécurité alimentaire grandissante et l’éclatement de nombreuses cellules familiales. Dans une région fragilisée par les conflits armés, ces témoignages traduisent une détresse profonde, mais aussi une volonté de ne pas sombrer dans le silence.

« L’activité a prévu certaines stratégies pour essayer de détraumatiser, à titre d’exemple : le rire ou les blagues, qui font partie de la sociothérapie », a fait savoir Mwekwa MIZUMBI, président de la Nouvelle Société Civile Congolaise de Mwenga (NSCC) et l’un des intervenants.

Au-delà du constat, l’initiative s’est voulue également porteuse de solutions locales. Les participantes ont insisté sur la nécessité de dénoncer les violences commises, qu’elles soient le fait d’hommes armés ou de membres de la communauté elle-même, tout en appelant à renforcer les mécanismes de résilience.

« On a échangé autour des différents problèmes au niveau local et donné certaines pistes de solutions, notamment la dénonciation des actes commis par des hommes en armes mais aussi par les membres de la communauté », a-t-il renchérit MIZUMBI.

Dans cette dynamique, la résilience communautaire apparaît comme un levier essentiel pour faire face aux conséquences du contexte sécuritaire actuel, en adaptant des stratégies de survie et de solidarité.

« La communauté doit adopter d’autres mécanismes pour contourner les problèmes liés au contexte actuel ».

Toutefois, malgré ces efforts, le chemin vers la guérison reste long. Les acteurs locaux appellent à multiplier ce type d’initiatives pour toucher davantage de victimes encore plongées dans le traumatisme.

« Nous demandons à RIO de faire plus, parce que jusqu’ici le traumatisme n’a pas encore dit son dernier mot », a-t-il conclu.

L’activité a réuni une cinquantaine de participants, dont des femmes, des hommes et des jeunes, témoignant d’un engagement collectif à reconstruire le tissu social, même dans l’adversité.

La Rédaction

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