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RDC : Ladislas WITANENE devient la voix nationale des peuples autochtones pygmées

Dans l’Est en guerre, ce jeune défenseur des droits humains reçoit un prix national et promet de continuer le combat pour les gardiens de la forêt

Par Yves Kitoga, Sud-Kivu

Dans un contexte marqué par les conflits armés et la déforestation à l’Est de la RDC, le combat d’un jeune activiste vient d’être reconnu au niveau national. Ladislas WITANENE, défenseur des droits humains originaire du Sud-Kivu, a reçu le Diplôme d’Excellence National des mains du Bloc Citoyen Amani. Titre : Ambassadeur des peuples autochtones.

Pour lui, la distinction n’est pas une fin. C’est un carburant. « La voix des sans-voix »

« Cette distinction renforce mon engagement indéfectible. Plus que jamais, je me donne pour mission de porter haut la voix des sans-voix : celle des peuples autochtones pygmées, véritables gardiens du savoir traditionnel et de la biodiversité mondiale », déclare-t-il à Média-Vert.

Depuis plusieurs années, Ladislas WITANENE sillonne les territoires d’Idjwi, Kabare, Kalehe et Shabunda. Son objectif : documenter les violations de droits dont sont victimes les communautés pygmées et défendre leur accès à la terre et aux forêts. Un travail à haut risque.

À l’Est de la RDC, les défenseurs de l’environnement et des droits autochtones sont souvent pris entre les groupes armés, l’exploitation illégale des ressources et certaines politiques de conservation jugées « dures ».

« Face aux injustices politiques, climatiques et aux dérives de certaines politiques de conservation en RDC, nous continuerons sans relâche à défendre leur dignité et leurs droits fondamentaux ».

Un prix collectif

Ladislas refuse de parler de succès individuel. Pour lui, ce prix appartient à un réseau.

Il cite d’abord “la Plateforme de la Société Civile Environnementale en RDC”, qu’il remercie pour « son encadrement précieux auprès des activistes qui font face à des défis quotidiens complexes et aux guerres à répétition sur le terrain ».

Puis le “Programme de Leadership Autochtone de la zone Est”, soutenu par Well Grounded, qui l’a formé au plaidoyer et à la documentation. Et enfin le “Programme des Professionnels Africains pour le Patrimoine Mondial de l’UNESCO”.

« Sans eux, ce travail de terrain serait impossible », insiste-t-il.

Un combat qui continue malgré la guerre

Entre l’insécurité, l’enclavement et les effets du changement climatique, les conditions de travail sont extrêmes dans l’Est. Mais Ladislas WITANENE dit ne pas avoir le choix.

« Notre détermination reste intacte. Nous sommes prêts et disponibles à servir les communautés autochtones partout où elles se trouvent, quelles que soient les réalités du terrain. Ensemble pour la justice et la biodiversité ! »

En RDC, les peuples autochtones pygmées représentent environ 600.000 personnes. Ils dépendent à plus de 80% de la forêt pour leur alimentation, leur médecine et leur culture. Mais ils restent parmi les plus marginalisés du pays.

Avec ce prix national, Ladislas WITANENE espère faire entendre leur voix un peu plus fort. Jusqu’à Kinshasa, et au-delà.

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