Mwenga : La FOMIS dénonce une dérive sécuritaire et presse les autorités d’agir

La situation sécuritaire dans le territoire de Mwenga suscite une inquiétude croissante. Dans la chefferie de Wamuzimu, plusieurs incidents récents, marqués par de graves violations des droits humains, viennent raviver les tensions et exposer une population déjà fragilisée par une insécurité persistante.
Dans une déclaration ferme, Moïse Butimbushi, expert en droits humains, président du conseil d’administration et cofondateur de la Fondation Michael Sharp Jesse FOMIS, tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de défaillance préoccupante dans la gouvernance sécuritaire locale.
Selon les informations recueillies par les équipes de protection communautaire de l’organisation, plusieurs cas graves ont été documentés ces derniers jours. Parmi eux, des actes de torture et des atteintes au droit à la vie. Le cas le plus marquant reste celui d’un jeune homme du village de Kigumo en chefferie des Basile, victime, le 26 avril dernier, de traitements cruels, inhumains et dégradants.
À peine vingt-quatre heures plus tard, un nouvel incident tragique s’est produit dans la même zone. Une tuerie, attribuée à un élément d’autodéfense incontrôlé, a coûté la vie à plusieurs personnes, renforçant le sentiment d’abandon ressenti par les habitants.
Pour la FOMIS, ces événements ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un contexte plus large d’insécurité chronique, où les civils demeurent les premières victimes. L’organisation pointe notamment un manque de contrôle et de discipline au sein de certains groupes armés ou assimilés, ainsi qu’une réponse jugée insuffisante des autorités compétentes.
La fondation appelle les autorités civiles et militaires à intensifier leurs efforts pour restaurer l’ordre et garantir le respect strict des droits humains ainsi que du droit international humanitaire.
« La protection des civils reste une responsabilité fondamentale de l’État », rappelle-t-elle avec insistance.
La FOMIS recommande également un encadrement renforcé des groupes d’autodéfense, notamment à travers des mesures de cantonnement adaptées, afin de limiter les abus et prévenir toute dérive incontrôlée. Elle insiste par ailleurs sur la nécessité d’une action rapide de la justice, afin que les auteurs de violations répondent de leurs actes conformément à la loi.
Dans ce climat tendu, l’organisation appelle la population à faire preuve de vigilance et de cohésion, tout en évitant toute escalade de tensions au sein des communautés.
Alvin Buzaki



