Sud-Kivu : Journée internationale d’action pour les rivières, l’AFJEP rappelle que les rivières de Mwenga crient au secours

Chaque 14 mars, le monde marque la Journée internationale d’actions pour les rivières, une journée consacrée à la défense des cours d’eau et à la protection des écosystèmes aquatiques. Pour l’édition 2026, placée sous le thème « Protéger les rivières, c’est protéger la population », l’Association des Femmes Journalistes engagées pour la Paix (AFJEP asbl) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante des cours d’eau dans le territoire de Mwenga, à l’est de la République démocratique du Congo.
Dans son message publié à l’occasion de cette journée, l’organisation rappelle que la santé des rivières conditionne directement celle des populations.
« Une rivière saine garantit la biodiversité, régule le climat et offre un cadre de vie essentiel à la santé physique et mentale », souligne le document.
Des rivières vitales mais gravement menacées
Dans cette partie du Sud-Kivu, plusieurs rivières jouent un rôle crucial pour la vie quotidienne des populations. Les rivières Elila et Ulindi, toutes deux affluentes du Fleuve Congo, prennent leur source dans la Réserve Naturelle d’Itombwe avant de traverser les concessions forestières des communautés locales des chefferies de Lwindi et Wamuzimu. Mais ces rivières, essentielles pour l’eau potable, l’agriculture et la pêche, subissent aujourd’hui une pression intense liée aux activités minières. Dans son message, l’AFJEP alerte : « Dans le territoire de Mwenga, l’eau potable se raréfie et la biodiversité d’eau douce diminue rapidement. Les rivières Elila et Ulindi sont gravement impactées par l’exploitation minière artisanale et industrielle intensive pour la recherche de l’or ».
Selon l’organisation, ces activités entraînent une pollution sévère des eaux à cause de l’utilisation de produits chimiques dangereux comme le cyanure et le mercure. Cette contamination menace non seulement la biodiversité aquatique, mais aussi la santé des communautés qui dépendent directement de ces cours d’eau pour boire, se laver ou irriguer leurs champs.
Une pollution qui s’étend à plusieurs rivières
La situation ne concerne pas uniquement Elila et Ulindi. D’autres rivières du territoire de Mwenga, notamment Kitongo, Zalya, Kikuzi, Zokwe, Mubale, Kibi et Nyamupe, seraient également affectées par les activités minières. L’utilisation de dragues, de machines lourdes et de produits toxiques dans les lits de ces rivières provoque une dégradation accélérée des écosystèmes. Cette pollution entraîne déjà des conséquences visibles; disparition progressive de certaines espèces aquatiques, apparition de maladies hydriques et affaiblissement des activités économiques locales. La pêche, l’agriculture et d’autres moyens de subsistance des communautés riveraines sont de plus en plus menacés.
Un appel à agir pour sauver les rivières.
Face à cette situation jugée critique, l’AFJEP appelle à une mobilisation urgente des autorités, des organisations environnementales et des populations locales. Quant aux communautés riveraines, elles sont appelées à adopter des comportements responsables, éviter de jeter les déchets plastiques dans les rivières, protéger les forêts communautaires et promouvoir une agriculture durable afin de préserver les sources d’eau.
Préserver l’avenir de nos enfants
Pour Immaculée CHAKUPEWA, coordinatrice de l’AFJEP et signataire du message, la protection des rivières est avant tout une question de survie pour les générations futures.
« En prenant soin de nos rivières, nous préservons l’avenir de nos enfants. Protéger les rivières, c’est donc assurer un avenir durable et sécurisé aux communautés.»
À l’heure où les menaces environnementales se multiplient dans l’est du pays, ce plaidoyer rappelle une évidence souvent négligée; la vie des populations est intimement liée à la santé de leurs rivières. Et sauver ces eaux, c’est aussi sauver les communautés qui en dépendent.
Alvin BUZAKI



