Bukavu : Des routes en ruine, économie paralysée et urgences sanitaires menacées

À Bukavu, circuler devient chaque jour un parcours du combattant. Des artères stratégiques comme Nyawera–Essence Major-Vangu, ONEL Genda, ou encore Place de l’indépendance-Lycée Wima, se trouvent dans un état de délabrement très avancé, mettant à rude épreuve automobilistes, motards, piétons et services d’urgence.
Sur ces axes névralgiques reliant notamment les communes d’Ibanda, Kadutu et Bagira, les nids-de-poule ont laissé place à de véritables cratères. Par endroits, l’eau de pluie stagne et forme des mares, voire de petits lacs artificiels, rendant la circulation chaotique. Les embouteillages s’étirent aux heures de pointe, impactant directement les activités économiques et la mobilité urbaine.
Pour Alain MUTIKI, rapporteur de la nouvelle dynamique de la société civile NDCI Chunvi ya Congo, la situation est alarmante.
« Nous déplorons l’état de délabrement très avancé des routes principales et secondaires dans la ville de Bukavu, avec toutes ses conséquences sur le plan sanitaire car il est actuellement très difficile d’évacuer les malades, il y a des embouteillages qui font rage dans la ville à la suite de ce délabrement très avancé des routes partout il y a de nids de poule, il y a des lacs qui se créent çà et là que cela soit à Kadutu, Ibanda ou encore BAGIRA, la même situation est visible. La route Vamaro-Isp-Essence reste vraiment impraticable. Sur le plan sécuritaire pour intervenir ça traîne et cela peut causer de dégâts, nous sommes en train de déplorer et de regretter mais aussi attirer l’attention des autorités vis à vis de cet état de chose. Ces routes ont également des conséquences sur la vie socio-économique des ménages notamment la hausse de prix de transport en commun parce qu’il y a de déviations qui se créent, il y a des embouteillages qui se font. »
Au-delà du constat, les conséquences sont multiples. Sur le plan sanitaire, des ambulances peinent à atteindre les structures hospitalières à temps, notamment en cas d’urgences obstétricales ou d’accidents graves. Sur le plan sécuritaire, les interventions des forces de l’ordre ou des services anti-incendie sont ralenties, augmentant les risques pour la population.
L’impact économique n’est pas moindre. Les conducteurs de taxi-bus et de motos répercutent l’usure prématurée de leurs véhicules sur les tarifs. Les prix du transport en commun connaissent une hausse progressive, pesant lourdement sur des ménages déjà fragilisés par la conjoncture socio-économique dans l’Est de la RDC.
À Bukavu, la route n’est plus seulement une question d’infrastructure : elle est devenue un enjeu de santé publique, de sécurité et de survie économique.
Albin BUZAKI



