Sud-Kivu : Quand la guerre dépouille la forêt, l’avenir s’effondre en silence

Au Sud-Kivu, pendant que les armes crépitent, les forêts tombent. En période de conflits armés, l’environnement devient une victime silencieuse.
L’affaiblissement des services de contrôle et l’absence d’éco-gardes ouvrent la voie au déboisement et à l’exploitation minière artisanale, notamment dans le Parc National de Kahuzi-Biega et la Réserve Naturelle d’Itombwe.
« En temp de guerres, les forêts se voient dénuder des arbres ou expansion d’exploitation artisanale des minerais ; des opérations qui malheureusement portent atteinte aux nombreuses espèces qui n’ont que demeure la forêt », alerte Deogratias CUBAKA, directeur de l’organisation Terra Nova. Il redoute « la disparition des aires protégées du Sud-Kivu au profit des fins économiques éphémères des personnes malintentionnées ».
Face à cette fragilité, il appelle à la vigilance locale : « En ce temps où il n’y a pas d’éco-gardes en service (…) appelle à la protection et surveillance communautaire afin de conserver durablement ces patrimoines pour les générations futures ».
Car l’enjeu dépasse la biodiversité. « Pourquoi devons-nous maintenir le reboisement même en temps de guerre ? Cela c’est pour éviter des catastrophes supplémentaires ».
Dans cette province montagneuse, la disparition des arbres expose les populations aux glissements de terrain, à l’érosion et aux inondations, tout en condamnant des espèces dépendantes de la forêt.
Pour lui, l’équation est claire : « La paix future dépend également de l’environnement; donc la protection des forêts est aussi une meilleure façon de préparer un monde meilleur pour les générations futures ».
Au Sud-Kivu, protéger la forêt en temps de guerre, c’est déjà reconstruire la paix.
Alvin BUZAKI



