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Rutshuru : Les éléphants du Virunga sèment la désolation dans les champs de Ruvumu

Dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, les habitants du village de Ruvumu, situé dans le groupement Gisigari, vivent au rythme des incursions destructrices des animaux sauvages. Selon des informations rapportées par nos confrères du média en ligne Desknature, des buffles et des éléphants en provenance du Parc national des Virunga (PNVi), précisément du secteur de Mikeno, envahissent régulièrement les champs des populations locales.

Ces incursions répétées ont des conséquences dramatiques pour les habitants, dont la survie dépend essentiellement de l’agriculture. Les cultures, notamment la pomme de terre, sont systématiquement ravagées par ces pachydermes. « Ils déterrent tout, sans distinction, que les tubercules soient mûrs ou non. Ils laissent ensuite les récoltes exposées à la surface », témoigne un habitant cité par la même source.

Face à cette menace, les villageois tentent, tant bien que mal, de repousser les animaux. En journée, certains n’hésitent pas à leur lancer des pierres, mais ces tentatives restent vaines. Les bêtes feignent de s’éloigner pour mieux revenir à la tombée de la nuit, lorsque les champs sont désertés.

D’après Desknature, cette situation n’est pas nouvelle. Depuis 2022, les communautés riveraines du parc, notamment dans le secteur de Mikeno, alertent sur la recrudescence de ces invasions. En cause : la destruction des installations de protection, notamment les fils électriques qui délimitaient autrefois le parc, endommagés lors des conflits armés dans la région.

Les conséquences de cette cohabitation forcée entre l’homme et la faune sauvage sont parfois tragiques. Le 19 février dernier, des éléphants en divagation ont semé la panique pendant plusieurs jours autour de Nyamilima, dans le groupement Binza. Ces incidents ne se limitent pas aux pertes agricoles, des sources locales rapportent qu’une personne a été tuée et deux autres blessées lors d’une précédente attaque.

Au-delà des drames humains, c’est toute l’économie rurale qui vacille. La destruction des champs prive les familles de leurs moyens de subsistance, aggravant une précarité déjà accentuée par l’insécurité persistante dans cette partie du Nord-Kivu.

Face à cette crise silencieuse, les habitants de Ruvumu et des villages environnants appellent à une intervention urgente des autorités et des gestionnaires du parc, afin de restaurer des dispositifs de protection efficaces et garantir une coexistence moins périlleuse entre les populations et la faune sauvage.

 Alvin BUZAKI

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