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Mwenga : une flambée meurtrière de choléra menace la population d'Itombwe déjà à genoux

Une nouvelle alerte sanitaire secoue le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Dans la zone de santé enclavée d’Itombwe, une flambée de choléra progresse à une vitesse inquiétante, faisant déjà plusieurs victimes et exposant des milliers de vies à un danger imminent. Face à cette urgence, le Conseil Local de la Jeunesse d’Itombwe (CLJI) tire la sonnette d’alarme et appelle à une intervention immédiate et coordonnée.

Selon les informations relayées par cette structure locale, les aires de santé de Kipupu, notamment dans les villages de Kiseke et Tumungu ainsi que celle de Malanda, couvrant Lubunga, Malanda, Tubangwa et Nalubombeko, sont les plus durement touchées. Dans ces localités isolées, l’épidémie se propage dans un contexte explosif mêlant insécurité persistante, enclavement et effondrement du système sanitaire.

Le bilan provisoire, arrêté au 28 mars 2026, est déjà lourd, plus de 35 cas communautaires ont été recensés, avec 5 décès enregistrés, dont 3 enfants de moins de cinq ans. À cela s’ajoutent 4 cas signalés dans les structures de santé, parmi lesquels figure une matrone du poste de santé de Kiseke, preuve alarmante de la vulnérabilité du personnel soignant lui-même.

Sur le terrain, la situation frôle la catastrophe.

Faute de Centre de Traitement du Choléra (CTC) opérationnel, les malades sont pris en charge dans des conditions indignes, souvent allongés à même le sol, sans isolement adéquat. Ce manque criant de structures adaptées favorise la propagation du virus, mettant en péril non seulement les patients, mais aussi les soignants et les autres malades.

Le personnel médical, déjà débordé, travaille sans équipements de protection individuelle essentiels : blouses, bottes, masques ou lunettes, exposant leur vie à un risque constant.

À cela s’ajoute une pénurie critique de médicaments, de solutions de réhydratation, ainsi qu’un accès quasi inexistant à l’eau potable et aux installations d’hygiène.

Malgré quelques interventions ponctuelles d’organisations humanitaires, telles que Médecins du Monde et People in Need, les moyens déployés restent largement insuffisants face à l’ampleur de la crise. Cette nouvelle flambée survient d’ailleurs quelques semaines seulement après une précédente vague enregistrée entre décembre 2025 et janvier 2026, signe d’une transmission persistante et mal contenue.

Dans sa correspondance adressée aux autorités provinciales et aux partenaires humanitaires, le CLJI, par la voix de son président MFARIJI LEWIS, appelle à des actions urgentes et concrètes : le déploiement immédiat de Centre de Traitement du Choléra, l’acheminement d’intrants médicaux et de kits choléra, la fourniture d’équipements de protection pour le personnel soignant, ainsi qu’une intervention WASH pour garantir l’accès à l’eau potable et renforcer les mesures d’hygiène.

Sans une réponse rapide et coordonnée, préviennent les acteurs locaux, Itombwe pourrait basculer dans une catastrophe humanitaire majeure. Dans cette région déjà meurtrie par les conflits armés, le choléra vient ajouter une couche supplémentaire de détresse, transformant une crise sanitaire en véritable drame humain.

Pendant ce temps, à Itombwe, les familles comptent leurs morts, les enfants tombent malades, et les soignants luttent, souvent les mains nues, contre une épidémie qui gagne du terrain.

L’urgence n’est plus à débattre, elle est à l’action.

Alvin BUZAKI

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