Biodiversité

Mwenga : la société civile sonne l’alerte pour sauver le pangolin, espèce emblématique menacée

À l’occasion de la Journée mondiale du pangolin célébrée le 15 février, le Cadre de concertation de la société civile du territoire de Mwenga (CCTSC) appelle à un sursaut collectif pour protéger ce mammifère gravement menacé d’extinction.

Dans un communiqué signé par son coordonnateur, MUKAMBA MILENGE Henri, la structure salue les efforts engagés par les acteurs étatiques et non étatiques œuvrant dans la conservation des ressources naturelles, tout en plaidant pour une action renforcée contre le braconnage.

Le CCTSC reconnaît notamment le travail abattu par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) ainsi que par les organisations de la société civile qui accompagnent les communautés dans la gestion des forêts communautaires, habitats naturels du pangolin en territoire de Mwenga. Ces espaces, essentiels à la biodiversité locale, subissent cependant une pression croissante liée à la chasse illégale et au trafic des espèces sauvages.

Considéré comme le mammifère le plus braconné au monde, le pangolin est victime du commerce illégal de sa viande et de ses écailles. « Cet animal est en voie de disparition, pourtant utile sur le plan environnemental et culturel dans le territoire de Mwenga », souligne le communiqué. Insectivore, il joue un rôle clé dans la régulation des populations de termites et de fourmis, contribuant ainsi à l’équilibre des écosystèmes forestiers.

La société civile attire particulièrement l’attention sur la réserve naturelle d’Itombwe (RNI) et les forêts communautaires locales, où l’espèce reste présente mais vulnérable. Elle invite les autorités compétentes et les partenaires à soutenir un programme holistique de lutte contre le braconnage et le trafic des produits issus du pangolin.

Au-delà de l’approche sécuritaire, le CCTSC insiste sur la dimension culturelle. Dans l’espace Lega, le pangolin est perçu comme un animal totémique et sa chasse est interdite par la coutume. Les gardiens des traditions sont ainsi appelés à renforcer la sensibilisation communautaire pour rappeler l’interdiction de sa chasse et de sa consommation.

Les organisations de conservation sont également encouragées à relancer les campagnes de sensibilisation afin de promouvoir la protection de cet animal emblématique et de préserver son habitat naturel.

Instituée en 2016 sous l’impulsion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), la Journée mondiale du pangolin vise à mobiliser l’opinion publique et à intensifier les efforts de protection à l’échelle mondiale.

À Mwenga, la société civile veut transformer cette célébration en un véritable engagement collectif pour empêcher la disparition silencieuse d’une espèce aussi précieuse pour l’environnement que pour l’identité culturelle locale.

Alvin BUZAKI

Bouton retour en haut de la page