Mwenga : Face à l’insécurité, la Fondation Michael Sharp dénonce l’abandon de la population à Kamituga

La situation sécuritaire demeure alarmante dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, particulièrement dans la ville de Kamituga où les actes de violence, caractérisés par des homicides, vols ou encore les cambriolages la nuit continuent de semer la peur au sein de la population. Face à cette insécurité persistante, la Fondation Michael Sharp (FOMIS) tire la sonnette d’alarme et interpelle les autorités tant civiles que militaires.
Dans une interview accordée à Média Vert ce vendredi 6 février 2026, M. Moise BUTIMBUSHI, président du conseil d’administration et cofondateur de la FOMIS, dénonce l’absence de protection effective des populations et le non-respect des droits humains fondamentaux, notamment le droit à la sécurité et à la protection des biens. Selon lui, les autorités compétentes peinent à garantir un climat de paix dans cette ville pourtant fortement militarisée.
Pour la fondation, l’insécurité qui frappe Kamituga s’explique en grande partie par l’absence d’un mécanisme d’encadrement des forces de défense et par l’impunité dont bénéficieraient les auteurs d’actes criminels.
« Nous dénonçons l’absence ou l’abandon de la population et le non-respect des droits humains et l’inefficacité des autorités tant civiles que militaires à garantir la sécurité la population et la protection de ses biens dans la vielle de Kamituga. La FOMIS estime que l’insécurité civile et la non protection de ses biens seraient occasionnées par l’absence d’un mécanisme d’encadrement de nos forces de défense et l’impunité.
Lorsqu’un forfait est commis sans que son auteur ne soit sanctionné, cela encourage d’autres personnes à reproduire les mêmes actes », estime-t-il.
La FOMIS souligne par ailleurs que la militarisation accrue de la ville n’a pas permis de réduire les violences, mais contribue plutôt à accentuer le sentiment d’insécurité parmi les habitants.
Afin d’inverser la tendance, l’organisation humanitaire propose plusieurs pistes de solution, notamment une implication plus active du régiment militaire basé à Kamituga. Elle recommande la mise en place d’un commandement responsable, l’organisation régulière de patrouilles mixtes et des opérations de bouclage ciblées dans les quartiers réputés sensibles.
« En termes d’alternatives pour sortir la population de cette crise, le régiment militaire situé à Kamituga devrait s’approprier de la sécurité et en faire leur cheval de bataille car c’est à celui-ci que revient le pouvoir. Ce régiment devrait organiser un commandement, faire des patrouilles mixtes, organiser des bouclages dans des quartiers jugés chauds » ; suggère Moise BUTIMBUSHI.
Au-delà des autorités, la Fondation Michael Sharp appelle également la population locale à s’impliquer davantage dans la recherche de la paix. Elle insiste sur l’importance de la cohésion sociale, de la vigilance communautaire et de la collaboration entre habitants pour prévenir les actes criminels.
Active dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la défense des droits humains, la FOMIS estime que seule une action concertée entre autorités et citoyens permettra de restaurer durablement la sécurité dans la ville de Kamituga et l’ensemble du territoire de Mwenga.
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