Kabare : A Chirambi-Buhozi, un mouvement de terrain menace des centaines de ménages depuis 2024

À Chirambi-Buhozi, dans le groupement de Mudusa, plus de 700 ménages seraient affectés par un phénomène d’effondrement et de déformation du sol signalé depuis février 2024. La NDSCI-Mudusa alerte sur la dégradation continue de plusieurs habitations et appelle à un relogement des familles exposées.
Par Alvin BUZAKI, Média-Vert, Sud-Kivu
Dans le village de Buhozi, localité de Chirambi, dans le groupement de Mudusa, territoire de Kabare, un phénomène de déformation et d’effondrement du sol continue de préoccuper les habitants. Selon une alerte publiée le 7 octobre 2026 par la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI-Mudusa), plusieurs familles vivent depuis plus de deux ans dans une situation de grande vulnérabilité.
Elvis CIRIMWAMI, président de la NDSCI – Mudusa, rapporte que le phénomène aurait débuté le 15 février 2024, entraînant l’effondrement de plusieurs habitations et le déplacement de familles vers des proches ou d’autres villages.
Un phénomène qui aurait déjà fait l’objet d’une étude
Selon la NDSCI-Mudusa, des autorités et des acteurs scientifiques se sont rendus sur le site pour tenter de comprendre l’origine et les caractéristiques du phénomène.
L’alerte indique notamment qu’une mission impliquant le gouvernement central, l’administration du territoire de Kabare, le Département de Géologie de l’Université Officielle de Bukavu (UOB) ainsi que le Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro aurait effectué une descente sur le terrain le 15 février 2026.
D’après la société civile, les investigations géologiques auraient conclu que le site était impropre à la construction.
Une telle conclusion revêt une importance particulière dans une zone affectée par des mouvements du sol. En géologie, les déformations du terrain peuvent avoir différentes causes, notamment la nature et la structure des sols, la circulation de l’eau dans le sous-sol, l’instabilité des pentes ou encore des phénomènes de tassement et de glissement. La détermination de la cause précise nécessite toutefois des études géotechniques et géologiques détaillées.
De nouvelles habitations menacées

La NDSCI-Mudusa affirme que le phénomène aurait connu une nouvelle aggravation au cours des dernières années.
Selon son alerte, après une période d’accalmie, les mouvements du sol auraient repris le 27 juillet 2024 et se poursuivraient jusqu’à présent. Une nouvelle habitation aurait notamment été affectée le 29 septembre 2026.
L’organisation rapporte que plusieurs maisons seraient actuellement dans un état de dégradation avancée, faisant craindre de nouveaux effondrements.
Pour les familles concernées, le problème dépasse donc la seule question des dégâts matériels. L’exposition prolongée à un terrain potentiellement instable constitue également un enjeu de sécurité, particulièrement lorsque les habitants ne disposent pas d’alternative de logement.
Des familles contraintes de rester sur un site jugé dangereux
La situation serait aggravée par l’absence de solutions de relogement.
Selon la NDSCI-Mudusa, certaines familles, faute de moyens et de terrains disponibles, seraient contraintes de reconstruire leurs habitations sur le même espace pourtant présenté comme impropre à la construction.
Cette situation illustre une difficulté fréquente dans les zones exposées aux risques naturels : la connaissance du danger ne suffit pas toujours à entraîner le déplacement des populations lorsque celles-ci ne disposent d’aucune solution foncière et économique viable.
Dans ce contexte, le relogement ne peut être envisagé uniquement comme une opération de déplacement physique. Il doit également prendre en compte l’accès à l’eau, aux services de santé, à l’éducation, aux moyens de subsistance et à la sécurité foncière des ménages déplacés.
Plus de 700 ménages seraient affectés
La NDSCI-Mudusa estime à plus de 700 le nombre de ménages actuellement sans abri ou déplacés, répartis entre des familles d’accueil à Mudusa et dans les villages environnants.
Ces chiffres, qui proviennent de l’organisation de la société civile, n’ont pas pu être vérifiés indépendamment à ce stade.
Au-delà du nombre de ménages concernés, l’évolution du phénomène pose une question majeure de gestion des risques naturels. Lorsqu’une zone est identifiée comme instable, la surveillance du site, la limitation des nouvelles constructions et la mise en place d’un mécanisme d’alerte peuvent contribuer à réduire l’exposition des populations.
Un appel à une réponse humanitaire et durable
Face à cette situation, la NDSCI-Mudusa appelle les autorités provinciales et nationales, les organisations humanitaires ainsi que les ONG locales et internationales à intervenir en faveur des familles affectées.
L’organisation identifie plusieurs besoins prioritaires : des abris temporaires, des vivres, de l’eau potable, une assistance médicale et surtout un relogement sécurisé sur un site considéré comme viable.
Pour Elvis CIRIMWAMI, l’enjeu est désormais de ne pas laisser les familles continuer à vivre dans une situation d’exposition prolongée.
À Chirambi-Buhozi, la réponse au phénomène devra ainsi combiner assistance humanitaire immédiate, expertise géologique, sécurisation foncière et solution durable de relogement. Car au-delà des maisons déjà endommagées, c’est la capacité des autorités et des acteurs concernés à anticiper un éventuel risque majeur qui se trouve désormais posée.



