Bukavu : 27 personnes dont 21 enfants inhumées après l'incendie de Chimpunda

Quatre jours après l’incendie survenu le 10 septembre dans le quartier Chimpunda, 27 victimes dont 21 enfants ont été inhumées ce lundi au cimetière de Ruzizi. Un drame qui aurait été aggravé par une bousculade et qui relance les questions sur la sécurité urbaine à Bukavu.
Par Alvin BUZAKI, Média Vert – Sud-Kivu 14 septembre 2026 – Bukavu
Bukavu a enterré ses morts. Ce lundi 14 septembre 2026, 27 personnes dont 21 enfants, selon les informations communiquées lors de la cérémonie, ont été inhumées au cimetière de Ruzizi après l’incendie meurtrier de Chimpunda.
La cérémonie d’hommage s’était tenue plus tôt dans la journée à l’Athénée d’Ibanda, où les corps avaient été exposés après leur sortie de la morgue de l’Hôpital provincial général de référence de Bukavu. Parents, enseignants, élèves, leaders religieux et habitants s’y sont rassemblés dans une atmosphère lourde.
Selon les informations disponibles, le drame se serait produit lorsque des élèves des écoles primaires Ujamaa et Furaha auraient été pris dans un mouvement de panique provoqué par un incendie dans des habitations voisines. Dans la bousculade qui s’en serait suivie, plusieurs enfants auraient été piétinés.
Une cérémonie marquée par la douleur
Parents, enseignants, leaders religieux et membres de la communauté se sont rassemblés autour des dépouilles. L’émotion était vive.
La cérémonie s’est déroulée en présence de responsables de l’AFC-M23, mouvement qui contrôle la ville depuis février 2025.
Au-delà des condoléances, l’événement a été présenté comme un moment d’introspection sur les facteurs de vulnérabilité urbaine.
Quand la densité urbaine aggrave le risque
Le drame de Chimpunda pose deux questions : l’origine de l’incendie et la capacité de la ville à gérer l’urgence.
Dans plusieurs quartiers de Bukavu, l’étroitesse des voies, la proximité des habitations et les constructions sur des sites inappropriés peuvent compliquer l’évacuation et l’intervention des secours. Chaque minute compte lorsqu’un incendie se déclare en zone densément peuplée.
La chaîne Vision Shala, qui a relayé le drame, a mis en avant ces difficultés d’accessibilité. Une hypothèse qui mérite d’être confrontée à une évaluation technique et aux conclusions d’une enquête sur l’origine du feu.
La panique, facteur de surmortalité
Un incendie ne tue pas uniquement par les flammes. Dans les espaces densément peuplés, la panique peut provoquer des mouvements de foule, chutes et piétinements.
C’est ce qui aurait coûté la vie à ces élèves. Pour les spécialistes de la gestion des catastrophes, la prévention des mouvements de foule est essentielle autour des écoles et des lieux de rassemblement.
Les enfants sont particulièrement vulnérables : leur capacité à évaluer le danger et à identifier une issue de secours est limitée. Des voies d’évacuation identifiées, des exercices réguliers et des consignes claires sont indispensables.
De la tragédie à la prévention
Il serait prématuré d’attribuer l’incendie à une cause unique sans enquête. Mais le drame rappelle l’urgence de renforcer la résilience urbaine de Bukavu, confrontée à une urbanisation rapide et à une forte pression foncière.
Mieux planifier la ville, sécuriser les quartiers, préserver les voies d’intervention pour les secours et préparer les populations aux urgences : c’est dans cet équilibre que se jouera la capacité à éviter qu’un incendie localisé ne se transforme en catastrophe humaine.



