Bukavu : Le trafic illicite des médicaments, une bombe sanitaire à retardement pour les populations

Derrière les étals improvisés et les circuits parallèles de distribution, la vente illicite de médicaments fait peser une véritable épée de Damoclès sur la santé publique à Bukavu et dans plusieurs zones de la province du Sud-Kivu.
Ce phénomène, de plus en plus visible, inquiète les acteurs de la société civile qui dénoncent une dérive grave mettant en péril des milliers de vies.
Dans une interview accordée à la rédaction de Média-Vert, Dr BARAKA MUSOMBWA Joseph, président du Mouvement des Sociétés Civiles du Congo (MSCO), tire la sonnette d’alarme.
« Le bureau de la coordination nationale du Mouvement des Sociétés Civiles du Congo MSCO fustige la vente illicite des médicaments dans la ville de Bukavu et dans plusieurs entités de la province du Sud-Kivu. Nous tenons à préciser à l’opinion nationale qu’internationale que les médicaments sont des poisons s’ils sont mal utilisés. »
Le constat dressé est sans appel. Selon lui, la prolifération de vendeurs non qualifiés constitue un risque majeur pour la population.
« Toute vente ou toute prescription médicale nécessite l’avis d’un médecin ou d’un qualifié en pharmacie ou en sciences infirmières. Mais chose grave, à Bukavu, les gens vendent des médicaments sans aucune notion de pharmacologie, ne connaissant même pas le principe actif de chaque molécule, leur interaction et la posologie de ces médicaments. »
Face à cette situation préoccupante, le MSCO appelle à une réaction urgente des autorités compétentes afin d’endiguer ce fléau sanitaire.
« Le Bureau de la coordination nationale du MSCO appelle l’inspection de la santé et toutes les autorités compétentes à mettre de l’ordre dans le secteur sanitaire pour barrer la route à cette mauvaise pratique qui met en danger la vie des citoyens. Nous appelons également les non-professionnels de santé à cesser immédiatement la vente illicite des médicaments, et la population à rester vigilante et à dénoncer tout cas suspect », a indiqué Dr BARAKA MUSOMBWA Joseph.
Alors que les médicaments devraient être des outils de guérison, leur mauvaise utilisation les transforme en véritables poisons. À Bukavu, l’urgence est désormais claire, agir vite pour éviter que cette menace silencieuse ne se transforme en catastrophe sanitaire de grande ampleur.
Alvin Buzaki
