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Mwenga-Lubigi : La dégradation avancée du pont en liane (Isanda) sur la rivière Zalya plonge des villages entiers dans la menace de famine

Depuis la dégradation avancée du pont en liane dit Isanda, jeté sur la rivière Zalya à Lubigi Tongo, dans le groupement Banakyungu (chefferie des Wamuzimu), des milliers d’habitants se retrouvent coupés de leurs moyens de subsistance.

Ce pont, vital pour la mobilité des populations locales, s’est fortement détérioré depuis le samedi 4 avril 2026. Une situation qui paralyse désormais l’accès aux champs pour les agriculteurs, en particulier les femmes rurales, premières actrices de la sécurité alimentaire dans cette zone enclavée.

Une crise alimentaire qui s’installe

Dans les villages de Lubigi, Wambu, Kibe et Kabonge, en groupement Banakyungu, la conséquence est immédiate : les denrées alimentaires se raréfient, et la peur de la famine s’installe progressivement dans les ménages.

Privées d’accès à leurs champs, des nombreuses familles peinent à subvenir à leurs besoins quotidiens. Le pont, autrefois simple infrastructure artisanale, apparaît aujourd’hui comme un maillon essentiel de la survie communautaire.

Face à cette situation critique, Immaculée CHAKUPEWA, coordinatrice de l’Association de Femmes Journalistes pour la Paix (AFJEP Asbl) tire la sonnette d’alarme dans une interview accordée à notre rédaction :

« Le pont en liane dit Isanda, jeté sur la rivière Zalya à Lubigi Tongo, est en état de délabrement très avancé depuis ce samedi 4 avril 2026. Cette situation cause déjà la faim, parce que les femmes rurales ne partent plus aux champs pour chercher les produits agricoles nécessaires à la consommation de leurs ménages. »

Dans son intervention, elle appelle à une mobilisation urgente et collective pour éviter le pire :

« Nous appelons les personnes de bonne volonté à venir en aide à cette population afin que ce pont soit réhabilité. Nous sollicitons notamment la chefferie des Wamuzimu, les organisations locales de développement, les notables du territoire de Mwenga ainsi que les députés nationaux et provinciaux. »

Une jeunesse inquiète face à un avenir incertain

Sur le terrain, l’inquiétude est également palpable chez les jeunes.  Byamungu YOGOLELO, résident de Lubigi et activiste au sein d’une association de jeunesse, exprime une profonde frustration face à l’inaction :

« Nous, jeunesse du village de Lubigi, avons un grand regret de voir que notre pont en liane, qui aide toute la population à regagner les champs ou leurs domiciles, continue malheureusement à se dégrader. »

Pour lui, les conséquences sont déjà visibles et alarmantes.

« La dégradation de ce pont amplifie la carence alimentaire chez nous, parce que les cultivateurs ne se rendent plus au quotidien dans leurs champs. Cela augmente la famine dans la zone. »

Au-delà d’un simple ouvrage en liane, ce pont représente aujourd’hui un symbole de l’abandon des zones rurales enclavées. Sa dégradation expose toute une communauté à une crise alimentaire imminente, dans une région déjà fragilisée par des défis sécuritaires et logistiques.

Alvin Buzaki

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