Bukavu : Quand le bruit étouffe la vie de toute une population

Le vacarme est devenu un compagnon de quotidien, une véritable plaie qui ronge le bien-être de milliers de personnes dans plusieurs zones de la ville de Bukavu.
Dans les quartiers commerçants comme Kadutu, Essence, Panzi, Chez Baba Cingazi ou Nyawera, le bruit est devenu le quotidien des paisibles citoyens : des éditions de transfert des musiques, des commerçants avec des mégaphones, des églises çà et là, des klaxons qui hurlent sans cesse et qu’en sais-je.
Un environnement sonore oppressant qui met en péril la santé de tous, surtout celle des enfants et des aînés.
La situation demeure préoccupante surtout que, une exposition prolongée d’une personne à des niveaux sonores dépassant 85 décibels peut abîmer l’ouïe de façon irréversible. Et à Bukavu, rien ne semble freiner cette tendance. Les enfants, dont l’audition est encore fragile, sont en première ligne, suivis des personnes âgées, qui voient souvent leurs difficultés auditives s’aggraver dans ce brouhaha permanent, et cela au quotidien.
A en croire Alain MUTIKI, rapporteur de la nouvelle dynamique de la société civile à Bukavu NDSCI, la pollution sonore décime les esprits et la psychologie de la population.
« La production sonore est une menace que nous sommes en train de vivre dans la ville de Bukavu contre la santé de paisibles citoyens. Les enfants qui sont proche des lieux de production de ces bruits ne peuvent plus se concentrer aux études. Il y a également des écoles qui sont proche de ces productions sonores et ne savent plus comment appliquer ou transmettre la matière ».
Et d’ajouter :
« Au-delà des oreilles, c’est le moral qui en prend un coup. Stress, anxiété, nuits perturbées… Le bruit use le quotidien. Il serait temps que les autorités agissent.
Ignorer cette réalité, c’est risquer une crise sanitaire plus large. On ne peut rester sourds à la détresse des habitants qui supportent, jour après jour, cette agression sonore ».
De plus en plus des voix s’élèvent pour dénoncer cette négligence et réclamer une action ferme et collective.
« Nous attirons l’attention des autorités, de pouvoir s’impliquer pour qu’il y ait de la réglementation dans ce secteur qui est en train de causer des maladies à la population, surtout chez les enfants et les personnes de troisième âge », a-t-il conclu.
Rédaction


