Agriculture

Nord-Kivu : 2025, une année improductive pour les agriculteurs, nonobstant la persistance de l’instabilité sécuritaire, quelle alternative prendre pour 2026 ?

Les saisons culturales pour 2025, moins productrices et satisfaisantes pour les agriculteurs de la province du Nord-Kivu, qui espéraient récolter comme à l’accoutumée.

L’année 2025, une année marquée par l’instabilité sécuritaire dans toute l’orientale de la RDC, n’a pas exemptée plusieurs territoires du Nord-Kivu, réputés de la production agricole, notamment Nyiragongo, Masisi et Rutshuru. Les rendements agricoles ont connu une baisse significative, s’indignent plusieurs agriculteurs dans la zone.

Les déplacements massifs de populations dus aux conflits armés, l’un des éléments majeurs qui ont empêché de nombreuses familles à accéder à leurs champs, rendant malencontreusement les activités agricoles impraticables. Dans ce contexte difficile, malgré les efforts fournis par certains producteurs, les résultats sont restés très inégaux.

S’agissant de la saison B 2025 actuellement en cours, celle-ci a débuté le 15 juillet 2025 et prendra fin le 15 janvier 2026.

A en croire l’analyse de Sadiki Sanvura, Ingénieur agronome et spécialiste en agriculture, plusieurs facteurs auraient contribué à la faiblesse des récoltes observées. Parmi eux figure la forte dépendance d’une partie de la population retournée dans leurs villages vis-à-vis de l’aide alimentaire des organisations non gouvernementales. Cette situation a découragé certains ménages à reprendre rapidement les activités agricoles, réduisant ainsi les superficies cultivées, une triste réalité qui a aussi impacté négativement le rendement agricole.

Cependant, tout n’a pas été négatif renchérit Ir Sadiki Sanvura. Celui-ci précise que la persévérance de certains agriculteurs a permis d’éviter un échec total de la saison. Malgré les difficultés connus suite à l’instabilité sécuritaire, ces producteurs ont jugé bon de continuer à cultiver leurs terres, démontrant que l’agriculture reste un pilier essentiel qui permet la résilience communautaire dans un monde rural.

Par ailleurs, les fortes pluies enregistrées durant les différentes saisons ont constitué un autre défi majeur. Si elles ont été bénéfiques pour certaines cultures, elles ont également provoqué des pertes pour d’autres agriculteurs qui n’ont pas réussi à maîtriser leurs effets sur les champs, surtout que les techniques agricoles seraient moins vulgarisées dans les zones.

Cette saison agricole constitue ainsi une importante leçon pour les producteurs.

Agronome de profession, Sadiki Sanvura insiste sur le respect du calendrier agricole, notamment les périodes de préparation des terres, de semis et de culture. Il rappelle que le mois de juin est crucial pour la préparation des sols et le premier labour, tandis que le mois de janvier doit être consacré à la préparation de la saison suivante.

Enfin, celui-ci a appelé les organisations humanitaires intervenant dans le secteur agricole, à appuyer les agriculteurs dès le début des saisons agricoles, car une assistance tardive, en pleine saison, limite considérablement l’impact attendu sur la production et la sécurité alimentaire.

Rédaction

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